Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
BertrandGobin.com / Journalisme Edition Investigation

BertrandGobin.com / Journalisme Edition Investigation

Le blog de Bertrand Gobin, journaliste indépendant, éditeur

Le témoignage audio du frère d'Edouard Leclerc

Un témoignage supplémentaire, émanant cette fois du propre frère d'Edouard Leclerc, confirme le caractère complaisant du certificat médical qui lui a permis d'être libéré sans avoir été jugé.

Dans un enregistrement audioK7 datant de 1976 - dont l'existence était totalement inconnue jusqu'à présent -, Paul Leclerc soulage sa conscience et revient sur les événements dont il a été témoin 32 ans plus tôt.

Paul Leclerc parle de sa mère, de retour de la prison de Mesgloaguen, à Quimper, où elle est allée rendre visite à son fils, Edouard, emprisonné pour "atteinte à la sûreté extérieure de l'Etat". Il explique ensuite comment elle est allée demander à Pierre Branellec (voir son témoignage) d'intervenir pour qu'un médecin de la Résistance accepte de faire passer le détenu pour fou. Ce qui lui vaudra d'être "ramené à la famille" alors que "dans son dossier, tout y était pour qu'il soit fusillé ".

Voici LA VERSION SONORE de ce témoignage et, ci dessous, sa transcription.

Elle pleurera longuement. Puis, elle rentrera à la maison en disant ? "Mon Dieu, est-ce possible ? Est-ce possible un calvaire pareil pour une mère de famille qui a été honnête et qui s'est sacrifiée  pour ses quinze enfants ?" Elle ira se jeter à genoux aux pieds de Pierre Branellec, à Brest, un ami de la famille, en disant : "Sauvez mon fils ! Ne faîtes pas qu'il soit fusillé. " Car entre temps, les deux vicaires de Landerneau, l'abbé Quiault et l'abbé Le Dantec, étaient venus avertir mes parents qu'il n'y avait pas de possibilité de sauver la tête d'Edouard. Dans son dossier, tout y était pour qu'il soit fusillé. Tout, oui, tout y était. Et alors c'est là que ma mère a décidé d'aller voir Monsieur Pierre Branellec. "Faîtes ce que vous pouvez pour sauver mon fils, sauvez mon fils !" Et Monsieur Pierre Branellec, qui ignorait tout du dossier d'Edouard, il ignorait même que c'était Edouard qui l'avait fait arrêter à Brest avec la Gestapo. Un ancien et un grand ami de la famille. Il ira chercher des amis de la Résistance pour qu'enfin Edouard ne soit pas fusillé. Alors, on a trouvé une solution. On a dit qu'il était inapte à ses actes. On l'a fait passer devant un docteur de la Résistance qui dira "il est fou". On lui a même expliqué comment il fallait faire quand on lui taperait sur les genoux pour faire le simulacre du fou. Et il sera ramené à la famille.


Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

rené 16/08/2015 11:10

Étonnant non?

Julien 15/03/2010 13:42


Quelles avancées dans vos investigations !
J'espère que vous arriverez à faire la lumière sur ce dossier au plus vite, pour les familles, pour la mémoire, pour l'Histoire. Tout simplement Passionnant !
Bon courage.
Julien.